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The Nobel Prize in Literature 2014

patrick_modianoPatrick Modiano

The Nobel Prize in Literature 2014 was awarded to Patrick Modiano “for the art of memory with which he has evoked the most ungraspable human destinies and uncovered the life-world of the occupation”

Books are available at the library :

Patrick modianoPatrick Modiano  Nadia Butaud  avec 1 CD audio (Entretien enregistré)

Un CD audio d’archives sonores, des documents visuels, un essai critique: une triple approche pour une plongée vivante et argumentée dans la littérature française contemporaine. Tel est le parti pris de la collection “Auteurs”. Elle a pour ambition de donner accès aux ressorts intimes de la création littéraire, à ses questionnements, à ses hésitations. Patrick Modiano n’a que 25 ans lorsqu’il répond aux questions de Jacques Chancel en 1972 (Radioscopie Patrick Modiano). A cette archive orale, émouvante, répond l’essai de Nadia Butaud. Partie en quête des échos qui traversent les romans de Modiano, elle en dégage les harmonies majeures : le temps, les lieux et l’identité, suivant la fresque qui mène de La Place de l’Etoile au Café de la jeunesse perdue.

Villa tristeVilla triste

Une petite ville de la province française, au bord d’un lac et à proximité de la Suisse. C’est dans cette station thermale qu’à dix-huit ans le narrateur, un apatride ” aux semelles de vent ” et à l’âme inquiète, vient se réfugier afin d’échapper à des menaces qu’il sent rôder autour de lui et à la peur panique qui le dévore. Peur d’une guerre, d’une catastrophe imminente ? Peur des ” autres ” ? En tout cas, la proximité de la Suisse, où il compte fuir à la moindre ” alerte “, lui apporte un réconfort provisoire. Il se cache au début de ce mois de juillet dans la foule des estivants, quand il fait la rencontre d’une jeune fille, Yvonne Jacquet, et d’un étrange docteur, René Meinthe, auxquels il s’accroche comme un noyé. Mais ces deux êtres sont eux-mêmes aussi exilés que lui de la vraie vie, malgré la parade sociale qu’ils jouent dans un milieu où passent comme des lucioles des personnages aux contours estompés par la dérision et la mélancolie. Le narrateur, en ” voyeur d’ombres “, évoque cet été d’il y a presque quinze ans et tente d’arracher à l’oubli les visages, la fragilité des instants, les atmosphères d’une saison déjà lointaine. Mais tout défile et se dérobe, comme à travers la vitre d’un train, de sorte qu’il ne reste plus que le souvenir d’un mirage et d’un décor de carton-pâte. Et une musique où s’entrecroisent plusieurs thèmes : le déraciné qui cherche vainement des attaches, le temps qui passe et la jeunesse perdue.

vestiaire-de-l-enfanceVestiaire de l’enfance

” Quand je l’ai aperçue, assise près de la grille en fer ouvragé qui sépare le café de la salle de billard, je n’ai pas tout de suite distingué les traits de son visage. Dehors, la lumière du soleil est si forte qu’en pénétrant au Rosal, vous plongez dans le noir. La tache claire de son sac de paille. Et ses bras nus. Son visage est sorti de l’ombre. Elle ne devait pas avoir plus de vingt ans. Elle ne me prêtait aucune attention”.
” Toute personne susceptible de nous donner d’autres détails sur ces sujets est priée de nous écrire. ”

Un cirque passeUn cirque passe

” Place du Châtelet, elle a voulu prendre le métro.
C’était l’heure de pointe. Nous nous tenions serrés près des portières. A chaque station, ceux qui descendaient nous poussaient sur le quai. Puis nous remontions dans la voiture avec les nouveaux passagers. Elle appuyait la tête contre mon épaule et elle m’a dit en souriant que ” personne ne pourrait nous retrouver dans cette foule “.
A la station Gare du Nord, nous étions entraînés dans le flot des voyageurs qui s’écoulait vers les trains de banlieue. Nous avons traversé le hall de la gare et, dans la salle des consignes automatiques, elle a ouvert un casier et en a sorti une valise de cuir noir.
Je portais la valise qui pesait assez lourd. Je me suis dit qu’elle contenait autre chose que des vêtements.

Rue des boutique obscuresRue des Boutiques obscures

Qui pousse un certain Guy Roland, employé d’une agence de police privée que dirige un baron balte, à partir à la recherche d’un inconnu, disparu depuis longtemps ? Le besoin de se retrouver lui-même après des années d’amnésie ?
Au cours de sa recherche, il recueille des bribes de la vie de cet homme qui était peut-être lui et à qui, de toute façon, il finit par s’identifier. Comme dans un dernier tour de manège, passent les témoins de la jeunesse de ce Pedro Mc Evoy, les seuls qui pourraient le reconnaître : Hélène Coudreuse, Fredy Howard de Luz, Gay Orlow, Dédé Wildmer, Scouffi, Rubirosa, Sonachitzé, d’autres encore, aux noms et aux passeports compliqués, qui font que ce livre pourrait être l’intrusion des âmes errantes dans le roman policier.

Quartier perduQuartier perdu

Un dimanche de juillet, Ambrose Guise arrive à Paris. Personne. Sauf les statues. Une ville fantôme, lui semble-t-il, après un bombardement et l’exode de ses habitants. Auteur de romans policiers anglais, il vient rencontrer son éditeur japonais. Mais il va profiter de ce voyage pour élucider les mystères de son passé, du temps où il était français et s’appelait Jean Dekker, il y a vingt ans. Il fait alors surgir dans un Paris crépusculaire, halluciné, des lieux étranges : une chambre secrète rue de Courcelles, en face d’une pagode ; un grand rez-de-chaussée donnant sur un jardin, place de l’Alma. Il réveille les spectres de Georges Maillot, au volant de sa voiture blanche, de Carmen Blin, Ghita Wattier, des Hayward… Tout un quartier perdu de la mémoire est ainsi revisité, et délivre le secret de ses charmes, et de ses sortilèges.

Poupée BlondePoupée blonde – De Pierre-Michel Wals  Pierre Le-Tan, Patrick Modiano

Voici un véritable petit programme de théâtre dessiné par Pierre Le-Tan ; rien n’y manque : publicités d’époque (1950), présentation de la directrice dudit théâtre, des acteurs, dessins des costumes ; et voici la pièce écrite par Patrick Modiano : drôle, mélancolique, cruelle. Cinq amis ont, à vingt ans, créé un groupe de chanteurs, les «Peter Pan», ils se retrouvent vingt ans plus tard, certains d’entre eux sont morts et viennent, fantômes figés dans leur costume d’époque, observer avec curiosité, dégoût parfois, ceux qui vivent toujours dans le souvenir de leur succès commun d’une saison : une chanson qui s’appelait «Poupée blonde»…

memory laneMemory Lane

En soixante dix pages, on découvre la quintessence de Patrick Modiano : des souvenirs entre chien et loup, un parfum d’intrigues illicites, la nostalgie d’un passé dont on se rappelle les apparences fugitives et derrière lesquelles on soupçonne des drames, de rudes amours, des angoisses et des plaisirs sans avenir.

les-boulevards-de ceintureLes boulevards de ceinture

Le narrateur part à la recherche de son père.
Le voici dans un village, en bordure de la forêt de Fontainebleau, du temps de l’occupation, au milieu d’individus troubles. Qui est ce père ? Trafiquant ? Juif traqué ? Pourquoi se trouve-t-il parmi ces gens ? Jusqu’au bout le narrateur poursuivra ce père fantomatique. Avec tendresse.

La petite bijouLa petite Bijou

” Quand j’avais sept ans, on m’appelait la Petite Bijou. ” Il a souri. Il trouvait certainement cela charmant et tendre pour une petite fille. Lui aussi, j’en étais sûre, sa maman lui avait donné un surnom qu’elle lui murmurait à l’oreille, le soir, avant de l’embrasser. Patoche. Pinky. Poulou. ” Ce n’est pas ce que vous croyez, lui ai-je dit. Moi, c’était mon nom d’artiste. ”

Fleurs de ruineFleurs de ruine

Le 24 avril 1933, deux jeunes époux se suicident dans leur appartement parisien. Cette nuit-là, ils auraient fait la connaissance de plusieurs personnes, fréquenté un dancing. Trente ans plus tard, le narrateur tente de reconstituer leur histoire, qui semble avoir croisé la sienne. Chaque interrogation en suscite d’autres, en écho, au gré d’une errance fantomatique dans Paris, au fil des souvenirs qui reviennent en mémoire…

Des inconnuesDes inconnues

” J’avais peur de m’endormir et de lui confier dans mon sommeil ce que je gardais pour moi depuis si longtemps : René, le chien, la photo perdue, les abattoirs, le bruit des sabots qui vous réveille très tôt le matin. ”

De si braves garçonDe Si braves garçons

Aux environs de Paris, le collège de Valvert, surnommé le Château en raison de son parc, de ses pavillons et de ses bois, a pour pensionnaires de ” braves garçons ” plus ou moins abandonnés par leurs familles -des gens riches ou ruinés, instables, cosmopolites, suspects. Ils y poursuivent leurs études en nouant des amitiés, soit entre eux, soit avec leurs professeurs tout aussi pittoresques. Puis la vie les disperse. Vingt ans passent. Grâce à sa mémoire en pointe sèche et à sa curiosité, le narrateur -qui est peut-être Modiano lui-même recompose l’atmosphère ancienne tout en menant une sorte d’enquête sur ce que le temps a pu faire de ses anciens camarades. Ces souvenirs rejoignent sans cesse le présent, au fil d’une réalité faite de rêve et de nostalgie.

Chien de printempsChien de Printemps

Il faut croire que parfois notre mémoire connaît un processus analogue à celui des photos Polaroïd. Pendant près de trente ans, je n’ai guère pensé à Jansen. Nos rencontres avaient eu lieu dans un laps de temps très court. Il a quitté la France au mois de juin 1964, et j’ai écris ces lignes en avril 1992. Je n’ai jamais eu de nouvelles de lui et j’ignore s’il est mort et vivant. Son souvenir était resté en hibernation et voilà qu’il resurgit au début de ce printemps 1992. Est-ce parce que j’ai retrouvé la photo de mon amie et moi, au dos de laquelle un tampon aux lettres bleues indique : Photo Jansen. Reproduction interdite ? Ou bien pour la simple raison que les printemps se ressemblent ?

Accident NocturneAccident nocture

Peu avant ses vingt et un ans, le narrateur, aujourd’hui bien plus âgé, a été victime d’un accident Place des Pyramides : il est renversé par une Fiat vert d’eau, conduite par une jeune femme, Jacqueline Beausergent. En état de choc, il croît reconnaître en cette femme, une personne qu’il a déjà rencontrée, beaucoup plus tôt. Ses souvenirs se mêlent et il associe étrangement cet événement à un accident antérieur dont il ne lui reste que des détails confus. S’il retrouve cette femme, le narrateur a le sentiment qu’il apprendra quelque chose d’important sur lui-même, quelque chose qui changera le cours de sa vie.
L’évocation de cette période et de celle qui a précédé l’accident nous plonge dans une univers étrange où la précision extrême des lieux traversés contraste avec la confusion chronologique. “Comment établir la moindre chronologie ?” demande le narrateur, “Le passé est définitivement révolu sans que je sache très bien dans quel présent je vis”. Les personnages rencontrés demeurent énigmatiques, même s’ils sont, pour certains d’entre eux, de fortes figures, tel que le docteur Bouvière. Rien ne se détache nettement de la frontière entre le rêve et la réalité, comme si le narrateur était en permanence sous l’emprise de l’éther avec lequel on l’endort par deux reprises.
Dans ce récit proche de l’enquête policière mais aussi très littéraire, l’auteur sait ménager son lecteur et le perdre dans une confusion narrative parfaitement maîtrisée, sans jamais l’abandonner totalement.

Une jeunesseUne jeunesse

Dans un Paris où ils sont livrés à eux-mêmes, deux très jeunes gens, Odile et Louis, font l’ “apprentissage de la ville ” et d’une vie de hasards, d’expériences et d’aventures.
Ils ont pour eux l’innocence et croisent sur leur route des individus singuliers, émouvants, mais quelquefois peu recommandables qui les entraînent dans des chemins de traverse. Mais, en définitive, aussi trouble et aussi chaotique que soit un début dans la vie, il se métamorphose, avec le temps, en un beau souvenir de jeunesse, que les deux héros de ce livre sont désormais seuls à partager.

La petite bibou CDLa Petite Bijou

Lu par Valérie Karsenty, Anne-Marie Joubert, Olivier Chauvel, Patrick Liegibel, Élisa Servier, Stéphane Vasseur et Nicole Evans . Contient 3 CD audio.

Thérèse, une jeune fille solitaire de dix-neuf ans, croise dans le métro une femme qui ressemble étrangement à sa mère, disparue depuis des années. Tourmentée par son passé, elle décide de la suivre, partant ainsi à la recherche de ses origines. La voix de Valérie Karsenty épouse la fragilité de Thérèse. Elle nous fait vivre avec intensité et émotion ses tourments et sa solitude. On retrouve toute l’atmosphère mystérieuse du roman de Modiano et son héroïne, hantée par les fantômes du passé, nous apparaît dans toute sa sensibilité.

Dora Bruder CDDora Bruder  (Lu par Didier Sandre)

Dans une vieille édition de Paris-Soir, celle du 31 décembre 1941, le narrateur lit, par hasard, une petite annonce dans la rubrique «D’hier à aujourd’hui». On y recherche une fugueuse âgée de quinze ans, Dora Bruder. Hier, c’est le temps du Paris occupé, de l’étoile jaune, des rafles et des internements ; aujourd’hui, ce sont les dernières années du vingtième siècle, quand ce passé tragique taraude les vivants. Entre le 25 février 1926, jour de la naissance de Dora, et le 13 août 1942, date de son internement au camp de Drancy, l’écrivain enquêteur recherche les étincelles de vie qui combattent l’ensevelissement par l’oubli, et les transmet au lecteur avec justesse et émotion.

Les émissions de France culture :

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Soirée spéciale “Patrick Modiano”….!

http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4927254

Patrick Modiano, à Paris

http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4929508

Patrick Modiano et la chanson

http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4930806

Entretiens inédits sur la littérature

http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4929498

Patrick Modiano Une vie, une œuvre.

http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4930804

Modiano au cinéma et au théâtre

http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4930794

Entretien exclusif : Patrick Modiano, par Christophe Ono-dit-Biot

http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4929476

Patrick Modiano reçoit le Nobel de littérature /// Quand les femmes reporters racontent la guerre

http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4928776