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September 2017

Œuvres

Albert Camus

Raphaël Enthoven (Préfacier)

“Changer la vie, oui, mais non le monde, dont je faisais ma divinité.” Ce n’est pas par lâcheté, ni par indifférence que Camus s’abstient de communier dans l’amour universel et répugne aux ferveurs collectives, mais par une “folie d’équité”. A ceux qui cherchent un sens à la vie, Camus répond qu’on ne sort pas du ciel qui nous contient. A ceux qui se désolent de l’absurde, Camus raconte que le monde est beau et que cela suffit à remplir le cour d’un homme.
A ceux qui souhaitent la tyrannie parce que l’Homme n’est pas à la hauteur du bien qu’on lui veut, Camus dit qu’il faut aimer les hommes avant les idées. Aux partisans de la haine, il décrit la gratitude. Aux indignés et aux sectateurs d’un “autre monde possible” qui s’endorment, sereins, sur l’oreiller des contestations incontestables, Camus enseigne que la véritable exigence est le contraire de la radicalité.
Sa solitude n’est jamais celle du misanthrope. Son combat n’est pas celui du révolutionnaire. A l’inverse de ceux dont le goût de l’absolu s’épanouit dans l’inefficacité pratique, les héros de Camus baissent rarement les bras dans une bataille qu’ils savent sinon perdue d’avance, du moins toujours à recommencer. Car enfin, c’est dans la révolte elle-même que Camus cherche “l’intransigeance exténuante de la mesure”, c’est par elle qu’il veut empêcher que le monde ne se défasse, et c’est au nom du courage qu’il se méfie des enragés.
Albert Camus soigne le désespoir par le sentiment qu’il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ; c’est le seul homme normal que je connaisse.

Indigo

Catherine Cusset

Un festival culturel rassemble pendant huit jours en Inde quatre Français, deux hommes et deux femmes, qui ne se connaissent pas. Une surprise attend chacun d’eux et les confronte avec leur passé. Cette semaine bouleverse leur vie. De Delhi à Kovalam, dans le Sud, ils voyagent dans une Inde sur le qui-vive où, juste un an après les attentats de Bombay, se fait partout sentir la menace terroriste. Une Inde où leur jeune accompagnateur indien déclare ouvertement sa haine des Etats-Unis.
Une Inde où n’ont pas cours la légèreté et la raison françaises, où la chaleur exacerbe les sentiments, où le ciel avant l’orage est couleur indigo. Tout en enchaînant les événements selon une mécanique narrative précise et efficace, ce nouveau roman de Catherine Cusset nous fait découvrir une humanité complexe, tourmentée, captivante.

Ce qui reste de nos vies

PRIX FEMINA ÉTRANGER

Zeruya Shalev

Laurence Sendrowicz (Traducteur)

“Même si je risque de découvrir qu’aimer et être aimé, c’est trop en demander, je me contenterai soit de l’un, soit de l’autre, mais chez nous ce n’est ni l’un ni l’autre, nous le savons tous les deux, alors à quoi bon insister.” Hemda Horowitch vit ses derniers jours. Ses souvenirs s’imposent à sa conscience : un père trop exigeant, un mariage sans amour, cette difficulté à aimer équitablement ses deux enfants, Avner et Dina.
Ces derniers se rendent à son chevet à l’hôpital de Jérusalem et essaieront de sauver, chacun à leur manière, ce qui reste de leurs vies. Dans une langue puissante, Zeruya Shalev évoque la colère, le ressentiment et la peur qui construisent les familles autant que l’amour et le bonheur d’être ensemble.

J’ai vu un homme

Owen Sheers

Mathilde Bach (Traducteur)

Que fait Michael Turner dans la maison de ses voisins ? Pourquoi s’attarder ainsi en leur absence ? Depuis la disparition de sa femme Caroline, reporter tuée au Pakistan, il vit à Londres. En un éclair, Michael est entré dans l’existence des Nelson : il est l’ami idéal. Presque trop. A des kilomètres de là, dans le Nevada, le commandant McCullen doit vivre avec ses remords. Caroline est morte par sa faute.
Et il ne parvient pas à s’en remettre. Ce roman sensible, histoire d’amour et de rédemption traversée par le fracas des guerres modernes, se lit comme un thriller haletant.

Le rouge vif de la rhubarbe

Audur Ava Olafsdottir

Catherine Eyjólfsson (Traducteur)

La petite Agustina, à son habitude, est descendue seule sur la plage à l’aide de ses béquilles et la force de ses bras pour méditer sur l’inconstance de la vie. Il y a longtemps que sa mère, universitaire émérite partie explorer les espèces migratoires aux antipodes, l’a confiée à la bonne Nina, experte en confitures de rhubarbe, boudins au sang de mouton et autres délices. Avec pour père de substitution épisodique Vermandur le bricoleur au grand coeur, celui-là même qui vit accoucher en catastrophe la mère célibataire d’Agustina sur la banquette arrière de sa vieille automobile.
Happée par son monde intérieur, Agustina fait bonne figure, se mêle volontiers aux activités puériles ou têtues des adultes, subit avec une dignité de chat la promiscuité désobligeante des collégiens, chante d’une voix de séraphin dans un orchestre amateur et se découvre ange ou sirène sous le regard amoureux d’un garçon de son âge. Mais Agustina fomente elle aussi un grand voyage : l’ascension de la Montagne, l’élévation qui lui donnera assez de coeur au ventre pour accepter sa destinée.

Les ombres de Rutherford Park

Elizabeth Cooke

Benoît Domis (Traducteur)

Pour la famille Cavendish, Rutherford Park est bien plus qu’une propriété. C’est un mode de vie régi par des règles strictes, des réceptions somptueuses mais aussi des désirs inexprimés et des non-dits. Octavia Cavendish, la maîtresse de maison, vit comme un oiseau dans une cage dorée. Son mari William a fait fructifier la fortune de la famille, mais il étouffe dans son rôle. Quant à Harry, leur fils, il ne rêve que de participer à l’aventure de l’aviation naissante plutôt que de suivre sagement les traces de son père.
La veille de Noël 1913, le monde bien rangé de Rutherford Park se fissure. Octavia découvre que son mari dissimule un lourd secret depuis des années. Et puis, il y a Emily, une femme de chambre, qui est sur le point de faire éclater un scandale qui risque de ruiner la famille.

Shim Chong, fille vendue

Sok-Yong Hwang

Mikyung Choi  (Traducteur)

Jean-Noël Juttet  (Traducteur)

Dans la lourde fumée d’opium du pavillon des Bonheurs et des Plaisirs, Lenhwa, envoûtante geisha, circule parmi les joueurs de mah-jong alanguis. Autrefois nommée Shim Chong, vendue à 15 ans par son père à des trafiquants chinois et promise à une vie de misère, elle ne se résout pas à la fatalité et use de ses charmes pour entrer dans le cercle des nantis. Seul l’amour pourra freiner son ascension…

La Passe-miroir Tome 1 

Les fiancés de l’hiver

GRAND PRIX DE L’IMAGINAIRE – ROMAN JEUNESSE FRANCO

Christelle Dabos

Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l’Arche d’Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. A quelle fin a-t-elle été choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d’un complot mortel.

Un cheval entre dans un bar

David Grossman

Nicolas Weill (Traducteur)

Dovalé est humoriste. Sur la scène d’un club miteux, il distille des plaisanteries salaces à son public. Au fond de la salle, le juge Avishaï, vieille connaissance du comique, assiste sceptique à la représentation à laquelle il a été convié. Et quand le spectacle dérape, convoquant des blessures de jeunesse, Avishaï comprend que ce soir-là, Dovalé entend bien régler ses comptes avec lui.

Momo, petit prince des Bleuets

Yaël Hassan

Pour Momo, l’été s’annonce interminable à la cité des Bleuets. Du jour où il s’inscrit à la bibliothèque, le cours de ses vacances change. Momo se met à lire avec passion et fait la connaissance de monsieur Edouard, un extravagant instituteur à la retraite. Ensemble, ils ont de grands projets…