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June 2016

l'illusion délirante d'être aiméL’illusion délirante d’être aimé  Florence Noiville

“Une évidence. Une évidence aussi tangible qu’une pierre au milieu d’un jardin : C. est persuadée que je l’aime, que je l’ai toujours aimée. Comment puis-je faire semblant d’avoir oublié ?”. L’illusion délirante d’être aimé est une maladie, chronique, dangereuse, et parfois mortelle, nommée syndrome de Clérambault, car elle fut découverte par le célèbre psychiatre. C’est aussi un roman implacable, un thriller des sentiments : l’histoire d’une obsession et d’une dépossession.
Un amour à perpétuité. Un amour qui ne peut que mal finir. Milan Kundera a dit de ce roman de Florence Noiville : “Ce que dévoile L’Illusion délirante d’être aimé, c’est la présence aussi forte qu’inexplicable de l’amour dans la haine”.

Rue DarwinRue Darwin   Boualem Sansal

Après la mort de sa mère, Yazid, le narrateur, décide de retourner rue Darwin dans le quartier Belcourt à Alger, où il a vécu son adolescence. « Le temps de déterrer les morts et de les regarder en face » est venu. Son passé est dominé par la figure de Lalla Sadia, dite Djéda, sa toute-puissante grand-mère adoptive, qui a fait fortune installée dans son fief villageois, fortune dont le point de départ fut le florissant bordel jouxtant la maison familiale.
Né en 1949, Yazid a été aussitôt enlevé à sa mère prostituée, elle-même expédiée à Alger. Il passe une enfance radieuse au village, dans ce phalanstère grouillant d’enfants. Mais quand il atteint ses huit ans, sa mère parvient à l’arracher à l’emprise de la grand-mère maquerelle. C’est ainsi qu’il débarque rue Darwin, dans une famille inconnue. Il fait la connaissance de sa petite soeur Souad. D’autres frères et soeurs vont arriver par la suite, qui connaîtront des destins très divers.
La guerre d’indépendance arrive, et à Alger le jeune Yazid y participe comme tant d’autres gosses, notamment en portant des messages. C’est une période tourmentée et indéchiffrable, qui va conduire ses frères et soeurs à émigrer. Ils ne pourront plus rentrer en Algérie (les garçons parce qu’ils n’ont pas fait leur service militaire, les filles parce qu’elles ont fait leurs études aux frais de l’État algérien).
Le roman raconte la diaspora familiale, mais aussi l’histoire bouleversante de Daoud, un enfant de la grande maison, le préféré de Djéda, dont Yazid retrouve un jour la trace à Paris. Encore une fois, Sansal nous emporte dans un récit truculent et rageur expliquant la difficulté d’avoir deux mères : c’est le cas de Yazid, mais aussi celui de tous les Algériens… Il décrit la corruption, le « grouillement de la misère », l’absence de perspectives, la tristesse générale, l’ennui… Rue Darwin est le récit d’une inguérissable douleur identitaire, génératrice d’un chaos politique et social.

Terreur dans l'hexagoneTerreur dans l’hexagoneGenèse du djihad français  Gilles Kepel, Antoine Jardin

Pendant les dix ans qui séparent les émeutes de l’automne 2005 des attentats de 2015 contre Charlie Hebdo puis le Bataclan, la France voit se creuser de nouvelles lignes de faille. La jeunesse issue de l’immigration postcoloniale en constitue le principal enjeu symbolique.
Celle-ci contribue à la victoire de François Hollande aux élections de 2012. Mais la marginalisation économique, sociale et politique, entre autres facteurs, pousse certains à rechercher un modèle d’«islam intégral» inspiré du salafisme et à se projeter dans une «djihadoshère» qui veut détruire l’Occident «mécréant».
Le changement de génération de l’islam de France et les transformations de l’idéologie du djihadisme sous l’influence des réseaux sociaux produisent le creuset d’où sortiront les Français exaltés par le champ de bataille syro-irakien. En 2015, plus de huit cents d’entre eux le rejoignent et plus de cent

Encore

Encore   Prix Médicis étranger

Hakan Günday

Jean Descat  (Traducteur)

«Les clandestins montaient dans la caisse du camion et, après un voyage de deux cents kilomètres, ils montaient à bord des bateaux et se perdaient dans la nuit…» Gazâ vit sur les bords de la mer Egée. Il a 9 ans quand, à peine sorti de l’école, il devient passeur de clandestins. Il travaille avec son père Ahad, ainsi que les frères Harmin et Dordor, commandants des bateaux qui emmènent les migrants en Grèce.
Pendant des années, Gazâ et Ahad entreposent dans un dépôt cette marchandise humaine, ces individus qui viennent de parcourir plusieurs milliers de kilomètres. Jusqu’au jour où Gazâ cause la mort d’un jeune Afghan du nom de Cuma, le seul être humain qui ait fait preuve d’un peu d’humanité envers lui. Dès lors, dans ce monde violent et désabusé, Gâza ne cesse de penser à Cuma et conserve précieusement la grenouille en papier qu’il lui avait donnée – ce qui n’empêche pas Gazâ de transformer le dépôt en terrain d’observation des dynamiques de domination et de devenir le tortionnaire des clandestins qui ont le malheur de tomber entre ses mains.
Cependant, un soir, tout bascule et c’est désormais à lui de trouver comment survivre… Après Ziyan (Prix France-Turquie 2014), l’enfant terrible de la nouvelle génération des écrivains turcs, Hakan Günday, revient avec ce grand roman coup de poing à l’écriture puissante, l’histoire d’un enfant monstre né au coeur d’un réseau de trafic de clandestins. Avec Encore, on retrouve l’immense talent de conteur, le regard sans concession sur le monde contemporain et l’insolence de ton qu’Hakan Günday a révélés dans D’un extrême l’autre (Prix du meilleur roman de l’année 2011, Turquie).
«La différence entre l’Orient et l’Occident, c’est la Turquie. Nous, c’était là que nous vivions. Cela voulait-il dire que notre pays est un vieux pont entre l’Orient aux pieds nus et l’Occident bien chaussé, sur lequel passe tout ce qui est illégal ? Tout cela me chiffonnait. Et en particulier ces gens que l’on appelle les clandestins… Nous faisions tout notre possible pour qu’ils ne nous restent pas en travers du gosier.
Nous avalions notre salive et nous expédions tout le contingent là où il voulait aller… Commerce d’une frontière à l’autre… D’un mur à l’autre…» – Hakan Günday

Histoire de l'amour et de la haineHistoire de l’amour et de la haine   Charles Dantzig

Voici sept personnages avec qui nous vivons, des premières manifestations contre le « mariage pour tous » jusqu’aux dernières. Il y a Ferdinand, garçon de vingt ans blessé par la vulgarité de son père, le député Furnesse, vedette homophobe des médias et fier de l’être ; Pierre, le grand écrivain n’écrivant plus ; Ginevra, qu’il tente d’aimer ; Armand et Aron, qui vivent en couple ; Anne, si belle et victime de sa beauté ; bien d’autres encore. Tous apportent leur voix à ce concert de l’esprit où le comique le dispute à la rage.
Que s’est-il passé durant cette période ? Quel esprit est entré dans Paris, si contraire à Paris ? Comment ce qu’on appelle un événement transforme-t-il la vie des hommes ?
Le grand roman de l’amour au temps de la haine.

Scène de crime virtuelle. Peter MayScène de crime virtuelle  Peter May

Jean-René Dastugue  (Traducteur)

Orange County, Californie. Michael Kapinsky a dû reprendre son travail de photographe pour la police scientifique. Veuf depuis quelques mois, il est criblé de dettes. Sur l’ordinateur d’un homme qu’on vient d’exécuter de trois balles, il remarque un curieux logo. Celui d’un univers virtuel où l’on peut échapper à ses soucis, tout recommencer sous un autre nom, choisir son apparence, tisser de nouveaux liens. Lorsqu’il se laisse tenter et rejoint à son tour ce monde idéal, Michael n’imagine pas le piège qui se referme sur lui. Car, si l’on y croise des créatures de rêve, on y retrouve aussi ses pires cauchemars, dont certains semblent connaître le passage vers la vie réelle…

Peter May, qui s’est fait détective sur Second Life pour écrire ce roman, élabore un vertigineux labyrinthe où nul n’est plus redoutable que celui que l’on croyait connaître.

Le crime était signéLe crime était signé  Prix Quai des Orfèvres

Lionel Olivier

A peine seize ans, cette gamine retrouvée nue, étranglée près du cimetière… Et ces pervers qui s’exhibent entre les tombes… Et ce fumier qui croit séquestrer l’innocence qu’il a perdue… Morte d’avoir trop ou mal aimé ? Des halls de banlieue, zones de non-droit, à la propriété somptueuse d’aristocrates au-dessus des lois, la Crim’ est malmenée, impuissante à répondre au drame des parents ! Alors que l’ADN reste muet, un témoin “signe” une vérité singulièrement humaine…

Le grand roman indienLe grand roman indien  Shashi Tharoor

Christiane Besse  (Traducteur)

Le vieux et vénérable politicien Ved Vyas qui a tout vu et tout connu de l’Inde, entreprend de dicter ses mémoires, avec une certaine fantaisie… Son singulier récit, inspiré du Mahabharata, revient avec humour et tendresse sur l’histoire de son pays, depuis la domination des colons anglais jusqu’à l’assassinat d’Indira Gandhi. Un roman d’aventures aussi éclairé qu’impertinent.

grand-mechant-renardLe grand méchant renard  Prix jeunesse d’Angoulême  2016

Benjamin Renner

Face à un lapin idiot, un cochon jardinier, un chien paresseux et une poule caractérielle, un renard chétif tente de trouver sa place en tant que grand prédateur. Devant l’absence d’efficacité de ses méthodes, il développe une nouvelle stratégie. Sa solution : voler des œufs, élever les poussins, les effrayer et les croquer. Mais le plan tourne au vinaigre lorsque le renard se découvre un instinct maternel…

Un éléphant pour mes 7 ansUn éléphant pour mes 7 ans

Florence Cadier, Ronan Badel

Au zoo, Anna voit des girafes, des lions, des singes et des crocodiles. Mais ce qu’elle préfère, ce sont les éléphants. C’est décidé, elle en veut un pour ses 7 ans ! Ce petit roman est conçu pour être lu à deux. Un “grand” lit l’histoire avec toi : dès que la tête d’un personnage apparaît, c’est à ton tour de lire !