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March – April 2018

Découvrez tous nos derniers coups de cœur sur le thème de la littérature suisse

Autopsie d’un père

Pascale Kramer

Ania, qui n’a guère vu son père Gabriel ces dernières années, apprend par sa nouvelle femme qu’il vient de se suicider. Cette mort volontaire semble faire suite au scandale qui a éclaboussé ce journaliste et intellectuel de gauche quand il a publiquement pris la défense de deux jeunes “Français” qui ont massacré un Comorien sans-papiers. Comment les haines ont-elles pu en arriver là ? Dans le village où il doit être enterré, l’ambiance est délétère, chacun prenant parti pour ou contre Gabriel.
Que s’est-il passé pour que ce père en vienne à rétrécir ses vues au point de tremper dans une affaire aussi sordide et de devenir un paria ? En auscultant une France sous tension et au bord de l’explosion, Pascale Kramer nous offre un puissant roman sur le basculement politique et le repli sur soi, qu’elle met en scène de manière intime et collective.

Sauver les meubles

Celine Zufferey

Photographe aux ambitions artistiques déçues, le narrateur est engagé par une entreprise de meubles pour réaliser des photos de catalogue. Humilié d’être obligé de mettre son talent au service de la consommation de masse, il cherche en vain du répit dans la compagnie de Nathalie, qui pose dans les décors qu’il photographie, ou dans celle d’un autre modèle, une fillette surnommée Miss KitKat, chaperonnée par son horrible mère.
Il va se laisser tenter par la voie de la transgression quand un collègue lui proposera de participer au lancement d’un site pornographique à prétentions esthétiques… Sauver les meubles est un roman de la solitude contemporaine. Le ton caustique du récit, souvent très cru et plein d’humour, décrit notre univers fait de faux-semblants, de clichés, de fantasmes. Dans un tel monde, est-il encore possible d’être libre ?

Avant la pluie

Anne-Claire Decorvet

Ce jour-là, la Mort est entrée avec lui, couchée à ses côtés sur un brancard, et pour la première fois j’ai croisé son visage. Pourtant, quand je m’étais penché sur lui pour un premier coup d’oeil, l’enfant semblait dormir. Il vivait, très pâle et les yeux clos.
– Tu t’appelles comment ?
Ma question s’est diluée dans l’air blanc sans écho ; le garçon ne cillait pas. Je ne m’en suis pas inquiété. Rien ne me paraissait grave encore, hormis la suffocation qui nous empoignait tous dans ce bâtiment de verre où miroitait le soleil. La lumière frappait durement sur les vitres et, dans la moiteur où nous transpirions, je me sentais le sang trop épais pour penser de façon raisonnée. Torse nu sous ma blouse blanche, je dégoulinais de partout, brûlant comme l’été, fiévreux comme nos malades. Et toute l’eau de la fontaine mise à disposition n’aurait pu étancher ma soif, ascendante au fil des heures impitoyables de cette matinée. Les stores baissés nous confinaient dans un sentiment d’enfermement dénué de fraîcheur et tout empreint d’accablement.

Je rêvais de douche froide et de pluie, d’un orage explosant juste au-dessus de mon cerveau surchauffé pour me rafraîchir les idées. Alors je pourrais soulager vraiment tous ceux qui venaient m’exposer leur souffrance ! Ils repartiraient libérés, la douleur en moins. Telle était du moins ma vision de la médecine en ce temps-là, la raison de ma présence en pédiatrie.

En état de luire

Ivan Salamanca

En état de luire est le premier livre d’Ivan Salamanca. Son projet a été primé par la ” Fondation Edouard et Maurice Sandoz ” (” Prix FEMS 2010 ” de littérature), et sa rédaction a pris près de quatre ans. Il est constitué de trois récits d’égale longueur, qui se veulent autonomes, mais qui, ensemble, se complètent et s’éclairent. Constituée de ” vignettes en prose ” et construite comme un ” triptyque “, l’œuvre s’ouvre sur un premier volet intitulé ” Ondées “, qui distribue les pièces désordonnées d’un puzzle que les deux récits suivants (” Les petits éboulements ” ; ” Et te dire je t’aime “) agencent.
Ecrits à la première personne du singulier, ces trois textes ont pour narrateur trois personnages différents, trois points de vue et trois sensibilités propres – et, de facto, une langue et une forme à chaque fois singulières. Très original dans sa forme, ce récit à fleur de peau, d’une grande beauté, qui se déroule dans un hameau, rappelle la prose de Pierre Michon, un des maîtres d’Ivan Salamanca.

xxxversxxions

Charles Hersperger

Un anthropologue en rupture avec les conventions académiques est invité à poursuivre ses travaux dans le cadre d’un institut prétendument alternatif, loin de chez lui. Là, un artiste-activiste controversé, occasionnellement présent dans le milieu social gravitant autour de cet institut, prépare une exposition majeure de son œuvre récent.
De leur rencontre naît rapidement une relation en partie clandestine qui devient une exploration de potentialités humaines soudaines accessibles.

Viceversa littérature N° 11/2017

Au voleur !

Collectif

Vol, voler, volare… Le vol est d’abord un acte de liberté : on volette ou voltige, avant de s’envoler, à tire-d’aile. Si le vol renvoie à l’idée de propriété, dans le monde littéraire, on pense notamment aux scandales et accusations de plagiat littéraire. Quel est le rôle du vol en littérature ? Où tracer les limites entre inspiration et appropriation ? Dans les “Dossiers écrivains”, ces questions reçoivent des réponses aussi singulières que les écritures de Philippe Rahmy, d’Irena Brezna et de Matteo Terzaghi.
Le “Cahier d’inédits” présente des poésies de Yari Bernasconi, de Thilo Krause et de Tresa Rüthers-Seeli. Jérémie Gindre parle d’enfants volés, Odile Cornuz, Dana Grigorcea et Stefano Marelli nous entraînent dans le monde des chenapans qui chipent et filoutent, Dieter Zwicky propose une “incorporation”, tandis que Silvia Härri pioche des vers chez l’écrivain grec Georges Séferis et que Rolf Hermann “dérobe” des fenêtres à Rilke.
Chez Ramuz et Chappaz, on inverse les valeurs comme on affûte la langue, contrant ainsi le grand banditisme des systèmes établis. Friedrich Glauser et Emmy Hennings nous reviennent du royaume d’Hadès pour raconter leurs expériences avec la justice. Plutôt que de vol ou d’appropriation, Philippe Rahmy parle de fraternité, là où Marion Graf, à l’honneur de l’une des “Cartes blanches aux traducteurs”, écrit que traduire, c’est “savourer et approfondir une rencontre”.
La revue suisse Viceversa littérature paraît chaque année simultanément en français, en allemand et en italien.

Petite brume

Jean-Pierre Rochat

c’est une tragédie contemporaine. En une journée, dans la cour de sa ferme, la vie d’un paysan bascule : tous ses biens ainsi que ses bêtes sont vendus aux enchères. Un monde s’écroule, rendu avec passion et authenticité par l’écriture charnelle de Jean-Pierre Rochat. Un roman comme un cri de détresse de la cause paysanne.

Permis C

Joseph Incardona

« Une fois le train expulsé du tunnel, la voix du contrôleur a grésillé dans les haut-parleurs, prononçant une autre de ces phrases qui en disait bien davantage que son sens littéral, les phrases de la petite légende personnelle et immigrée qui mettaient un terme définitif aux vacances : Wir treffen in Brig ein. »

Permis C est mon livre le plus personnel. Je parle des bouleversements de l’enfance, je parle de ce que chacun de nous rencontre pour la première fois, ces épreuves qui nous déterminent. Car, tout est là, en nous, prêt à germer d’une façon ou d’une autre. En me remémorant ces années et en distordant le souvenir, j’ai enfin compris pourquoi je suis l’homme et l’écrivain que je ne cesse de devenir. Tout ça tient à très peu de chose : cet instant précis dans mon enfance où j’ai su que la vie est une tragédie qu’on est prêt à rejouer quoi qu’il arrive, pourvu que ça dure et que les jours nous soient cléments.

Nues dans un verre d’eau

Fanny Wobmann

Elles sont deux, à deux moments très éloignés de l’existence. L’une, Grand-maman, s’éteint doucement dans une chambre d’hôpital. L’autre, Laura, est enceinte, pour l’heure dans le plus grand secret. Étrangement, elles vont faire la route ensemble et bientôt n’avoir qu’une seule attente : la compagnie de l’autre. Entre les visites, les silences encombrés, les gestes retenus, elles s’apprivoisent et se mettent à nu. Il s’agit moins de transmission que d’offrande, chacune forçant un peu sa pudeur pour offrir à l’autre un morceau de sa vie. Et le cadeau – une pensée, un souvenir, une histoire – se révèle à la fois infiniment précieux et infiniment modeste.
Fanny Wobmann met en scène deux personnages suspendus entre la vie et la mort et livre un roman singulier, d’une exquise poésie.

Monsieur Kraft ou la théorie du pire

Jonas Lüscher

Tatjana Marwinski (Traducteur)

“Kraft contemple la Silicon Valley, cette vallée mystique, lieux de culte étranges où naissent les créatures digitales”. Richard Kraft, professeur de rhétorique allemand, malheureux en mariage et financièrement aux abois, est invité à participer à un concours de philosophie organisé dans la Silicon Valley. Sujet : prouver que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, grâce à la technologie.
Kraft hésite, mais le prix est doté d’un million de dollars… Le voici donc qui s’envole pour le pays des start-up, des apps et des millionnaires excentriques. Plus qu’un nouveau monde, c’est une révolution intérieure qui l’attend. Après Le Printemps des barbares, ce nouveau roman aussi drôle que grinçant confirme le talent de Jonas Lüscher.

Monsieur et Madame Rivaz

Catherine Lovey

Ce roman raconte la vie trépidante et ordinaire d’une jeune femme du XXIe siècle à l’esprit don quichottesque et qui, prise dans l’œil du cyclone, ne comprend ni ne maîtrise grand chose de ce qui lui arrive à elle en particulier et au monde en général. Avec une ironie mordante, l’écriture énergique, les réflexions de Catherine Lovey nous font traverser un monde archi contemporain, fourmillant de récits et de personnages, et nous promènent le long de milieux très différents, des hôpitaux aux paquebots, de l’université à la montagne.

Monsieur et Madame Rivaz raconte l’histoire d’une femme qui va au combat pour retrouver un sens à la vie et au monde d’aujourd’hui. C’est un livre sur la possibilité ou l’impossibilité de la bonté.

Monarques

Philippe Rahmy

A l’automne 1983, je quitte ma campagne au pied du Jura, pour suivre des cours à l’école du Louvre. Je découvre Saint-Germain-des-Prés, ses librairies, ses éditeurs, ses cafés, ses cabarets. Mais en Suisse, à la ferme, mon père est malade. J’apprends qu’il est à l’agonie le jour où je croise le nom d’Herschel Grynszpan, un adolescent juif ayant fui l’Allemagne nazie en 1936, et cherché refuge à Paris.
Il m’a fallu trente ans pour raconter son histoire en explorant celle de ma propre famille. J’ai frappé à de nombreuses portes, y compris celles des tombeaux. J’ai voyagé en carriole aux côtés de ma grand-mère, de ma mère et de mes deux oncles fuyant Berlin sous les bombardements alliés. Je me suis embarqué pour Alexandrie en compagnie de mes grands-parents paternels, et j’ai assisté à la naissance de mon père dans une maison blanche au bord du désert.
Un père dont j’ai tenu la main sur son lit de mort, avant de découvrir son secret. Herschel a cheminé à mes côtés durant mes périples, autant que j’ai cherché à retrouver sa trace.

Louis Soutter, probablement

Michel Layaz

Aujourd’hui mondialement reconnus, les dessins et les peintures de Louis Soutter (1871-1942) n’ont été remarqués de son vivant que par un cercle restreint de connaisseurs. Parmi eux, Le Corbusier et Jean Giono ont été subjugués par le trait libre de l’artiste, vrai sismographe de l’âme. Formé à la peinture académique, violoniste talentueux, marié à une riche Américaine, puis directeur de l’École des beaux-arts de Colorado Springs, Soutter mène pourtant, dès 1902, une vie d’errance jusqu’à son internement forcé à l’âge de 52 ans dans un asile pour vieillards du Jura suisse. C’est là qu’il parvient à donner forme à l’une des oeuvres les plus inclassables de l’histoire de l’art.

Il fallait une langue souple et subtile pour faire ressentir l’étrangeté de cet homme et nous entraîner le long d’une vie marquée par la solitude, ponctuée aussi par quelques éclats de lumière et transportée surtout par la puissance de la création.

L’implacable brutalité du réveil

Pascale Kramer

Dans la nouvelle résidence où elle vient de s’installer avec Richard et leur petite Una, Alissa se sent chaque jour plus angoissée : le nourrisson ne suscite pas en elle l’amour tant attendu, seulement une accablante responsabilité. Les climatiseurs brassent la chaleur de l’été californien, mais ne dissipent pas le sentiment d’abandon croissant d’Alissa.

Les Vivants

Pascale Kramer

C’était un 8 mai lumineux. Louise, son mari Vincent, son petit frère Benoît étaient tous trois troublants de jeunesse, d’inconscience et d’immaturité. Jusqu’au drame effroyable…
À travers les yeux de Benoît, Les vivants tente de saisir la seconde où le destin bascule et, au-delà, le mystère, ou le scandale, de l’acharnement de la vie. Comment croire au pire quand on est jeune et qu’il fait beau ? Comment y survivre?

Le cul entre deux chaises

Joseph Incardona

André Pastrella est à Joseph Incardona ce qu’Arturo Bandini est à John Fante : un alter ego par lequel l’auteur – avec générosité et un pessimisme ironique – relate les vicissitudes d’un antihéros qui lui ressemble. On y passe à la moulinette le monde du travail, l’amour, le sexe, la solitude des night-clubs, et cette nécessité qui s’impose comme une bouteille jetée à la mer : devenir écrivain.
Entre strip-teaseuses impavides, patrons foireux et voisins récalcitrants, un roman drôle, amer et lucide.

Après une publication en France (2002) où il a connu un joli succès, BSN Press réédite, dans une version entièrement révisée, Le Cul entre deux chaises, premier roman de Joseph Incardona. Suivront d’autres coups de gueule d’André Pastrella : Banana Spleen et un troisième volet, inédit et attendu, au titre évocateur, Permis C

Journal berlinois 1973-1974

Max Frisch

En janvier 1973, Max Frisch emménage à Berlin-Ouest. Il y retrouve des écrivains parmi les plus importants de l’Allemagne de l’après-guerre : Uwe Johnson, Günter Grass. Aux portraits qu’il brosse de ces nouveaux voisins, Frisch ajoute ceux de Christa Wolf et d’autres auteurs qu’il rencontre régulièrement à Berlin-Est. Car il profite de son séjour en Allemagne pour ausculter avec une vive curiosité les rapports politiques et sociaux en RDA, et les révéler de l’intérieur sans jamais oublier sa position d’observateur privilégié. La subtilité de ces analyses confère au Journal berlinois l’intérêt d’un témoignage historique. Elles sont entremêlées de réflexions d’une surprenante actualité sur le quotidien de l’écrivain, son rôle dans la société, les liens d’amitié ou de travail et les attentes qu’ils suscitent, et ponctuées de brefs passages narratifs. Chacune des entrées témoigne du talent d’un auteur soucieux de trouver la forme d’expression la plus juste et d’accéder, par l’écriture, à une meilleure perception du monde et de lui-même.

Joue, Nora Blume

Prix suisse de littérature 2015

Claudia Quadri

Nora Blume, enseignante de piano, est une femme d’âge moyen, possédant une belle maison et un drôle de caractère. Dans son salon se succèdent pour des leçons des adolescents instables, des dames névrosées, un voisin curieux; tous inspirés par la musique, ou par la maîtresse de maison. Nora Blume a peu de joies et beaucoup de problèmes. Malgré son amour inconditionnel pour la musique, elle se sent un peu seule. D’ailleurs, elle a honte de son passé et celui-ci s’apprête à refaire surface.

Ce roman raconte, avec retenue et ironie, deux faits particulièrement sensibles dans une vie : celui de savoir que tout est possible, et celui de savoir que ce qui a été a été et qu’il n’existe pas de possibilité de retour en arrière.

Inventaire des lieux

Laurence Boissier

Attendre dans un couloir, s’arranger pour occuper une baignoire à deux, faire un plein d’essence, faire bonne figure sur une piste de danse : tous les lieux de cet inventaire aléatoire et subjectif ont leur mode d’emploi, leurs rituels, leur usage conventionnel auxquels l’usager doit se plier. Lorsque pour une raison ou une autre, cet usage nous échappe, il naît une situation que le langage courant appelle « un moment de solitude », qui est souvent une occasion de rire ou de pleurer, et surtout celle d’une histoire à raconter.

À l’opposé de la Tentative d’épuisement d’un lieu parisien de Perec, cet inventaire inscrit dans des lieux variés non pas un observateur mais un personnage qui se révèle selon les circonstances décalé, nostalgique, burlesque, malmené, érotisé, ironique, angoissé, moralisateur. Les lieux traversés, qui sont plutôt génériques que géographiques, construisent petit à petit ce personnage en convoquant des souvenirs d’enfance ou d’adolescence, en révélant son mode de vie, ses préjugés, ses opinions. Jusqu’à ce que les lieux communs se révèlent sous un nouveau jour.

Imperium

Christian Kracht

Corinna Gepner (Traducteur)

« La noix de coco était parfaite. En se nourrissant d’elle à l’exclusion de tout autre aliment, on deviendrait l’égal des dieux, on deviendrait immortel. »

Récit tragi-comique de la fondation au début du vingtième siècle d’une colonie de cocovores sur une petite île du Pacifique sud, ce livre est inspiré d’une histoire vraie – celle d’August Engelhardt, nudiste
romantique et végétarien fanatique originaire de Nuremberg.

Roman d’aventure, réflexion et satire de l’impérialisme et des idéologies, Imperium est en cours de traduction dans plus de trente pays.

Hiver à Sokcho

PRIX ROBERT WALSER 2016 Prix Régine Deforges 2017 Prix Révélation SGDL 2016

Elisa Shua Dusapin

A Sokcho, petite ville portuaire proche de la Corée du Nord, une jeune Franco-coréenne qui n’est jamais allée en Europe rencontre un auteur de bande dessinée venu chercher l’inspiration loin de sa Normandie natale. C’est l’hiver, le froid ralentit tout, les poissons peuvent être venimeux, les corps douloureux, les malentendus suspendus, et l’encre coule sur le papier, implacable : un lien fragile se noue entre ces deux êtres aux cultures si différentes.
Ce roman délicat comme la neige sur l’écume transporte le lecteur dans un univers d’une richesse et d’une originalité rares, à l’atmosphère puissante.

Feu d’artifice : histoires à haute voix

Ernst Burren

L’oeuvre considérable d’Ernst Burren comprend des poèmes, de la prose et des pièces de théâtre. Sa principale caractéristique est d’être entièrement écrite en dialecte suisse-allemand de Soleure. Sa littérature montre ce qui est, ou, pour le dire autrement, ce que lui suggère et lui inspire son environnement. Puisant dans la musicalité du langage et utilisant une forme lyrique faite de paragraphes libres, il restitue l’ambiguïté du monde au coeur du village. Auteur de vingt-neuf ouvrages, il a développé une forme et une langue tout à fait autonomes, qui font de lui le plus conséquent représentant de la littérature dialectale suisse.